COMPTE-RENDU REUNION 27 SEPTEMBRE 2000
G. GOUZES / Collectif des APPO + AsF + ADIAH
Par lettre en date du 19 juillet 2000, le Premier Ministre a chargé Gérard GOUZES, député socialiste du Lot-et-Garonne (47), de « conduire [un] travail dexplication, de concertation et de proposition destiné à éclairer la position du Gouvernement pour la suite du débat parlementaire et de faciliter le moment venu lapplication de la loi »1. M. GOUZES doit rendre ses propositions avant le 30 novembre 2000.
- M. GOUZES était accompagné de M. DEBACQ ( Cabinet de Madame GUIGOU), M. AVEL ( Adjoint au Chef du Service des Affaires Européennes et internationales), Mme VASSALO (MAI), et M. MAZIERES, son assistant parlementaire.
- Notre délégation : Ph. CANET (ADIAH), M. GAZEL (AFAENAC), N. PINGET (AsF), B. TOMIANKA (APAEC), D. TRABUC (Grains de Riz).
La réunion commence à 9h15.
En préambule, M. GOUZES précise quil souhaite avoir lavis de lensemble des associations concernées : sa mission se situe dans la perspective de la suite des débats de la nouvelle loi sur ladoption internationale au Sénat. Il a souhaité recevoir en premier les associations spécifiques de parents denfants nés à létranger.
Notre première question : cette mission va-t-elle retarder lexamen de la proposition de loi au Sénat ? M. GOUZES nous donne lassurance que non. Ce texte sera examiné avant la fin de lannée comme prévu. Sa mission vise à « consolider » la question de ladoption internationale et se situe « tout à fait dans la continuité des engagements pris par Mme GUIGOU ». Nous en prenons bonne note. Il précise quil attend de nous un large tour dhorizon des questions concernant ladoption internationale.
Nous abordons donc les questions de fond et dactualité :
- Adoption / trafic : nous ne pratiquons pas langélisme, notre condamnation des trafics est claire. Mais nous refusons totalement lamalgame car ils sont très minoritaire
Nous sommes très attachés au respect des règles, car lavenir de tous en dépend (enfants, parents biologiques, et adoptifs). Nous disons la vérité à nos enfants. Nous veillons à lintér ts matériel et morale des familles adoptives.
- Les tentatives de limitation de ladoption internationale : débat convention de La Haye prévoyait le passage obligé par les OAA : nous rappelons notre attachement au pluralisme des modes dadoption (démarches individuelles, accès par le service public MAI et OAA) seul garant de légalité de tous devant la démarche.
- La circulaire du 19 février 1999 : certains tribunaux lappliquent « à la lettre » et ne prononcent aucun jugement dadoption (enfants « sans papier ») ou font des pressions pour que les parents demandent une adoption simple
De « démarche gracieuse », ladoption devient démarche « onéreuse » (avocats
)
1 Proposition de loi du député Démocratie Libérale Jean-François MATTEI, soutenue et amendé par la majorité parlementaire (à lexception du PC qui sest abstenu, débattue et adoptée par lAssemblée Nationale le 24 mars 2000. Texte adopté en première lecture disponible sur les sites de lAssemblée Nationale et du Sénat.
- Ladoption internationale nest ni une « action humanitaire » ni « un pillage denfants des pays pauvres par les couples des pays riches en mal denfants ». cest, comme le dit clairement la convention de La Haye une réponse à une situation de détresse denfants qui ne peut trouver de solution familiale dans son pays dorigine (principe de subsidiarité).
- Nous ne coupons pas les enfants de leurs racines, de leur culture2
cest labandon qui coupe ces racines. Nous sommes un grand nombre aujourdhui à élever nos enfants dans le respect de leur pays dorigine, de leur famille dorigine, dans la compréhension des processus qui ont conduit à leur adoption
Ladoption internationale est le contraire de lexclusion, du racisme
elle est basée sur légalité de tous les tres humains
- Enfants de pays de droit coranique : nous regrettons vivement que la proposition de loi en discussion les exclut. La jurisprudence avait donné des réponses adaptées.
- Le Conseil Supérieur de lAdoption et lAutorité Centrale : nous notons la volonté affichée par le législateur de modifier la composition de ces instances et dassurer une représentation conforme à la réalité du paysage de ladoption aujourdhui (2 assos = 1 fédé EFA et 1 APPO et 2 OAA = 1 fédé et 1 collectif). Nous sommes persuadés que le dialogue permettra déviter les erreurs passées. Le service public sera amené à fonctionner avec plus de transparence
- Viêt-Nam : Mme VASSALO précise que les conditions sont bien réunies pour que les adoptions redémarrent à compter du 1er novembre 2000. Les partenaires de ladoption seront invités à une réunion vers la mi-octobre. La question de laccès aux services de la MAI (notamment téléphonique) est abordée. Mme VASSALO explique que compte-tenu de la charge de travail il faudrait du personnel supplémentaire. Les APPO lui rappellent que à la suite des débats sur la ratification de la convention de La Haye (fin 97-début 98) , les effectifs de la MAI sont passés de 9/10 à 20. cela nous paraît suffisant. Peut- tre faut-il améliorer techniquement laccès téléphonique et penser au candidats de province en prévoyant un service décentralisé au niveau régional ou départemental
- Nous demandons également :
. Que les règles dattribution de lallocation de soutien familial (ASF) soient appliquées uniformément sur le sol national.
- Que les candidats à ladoption soient exonérés des frais de légalisation de dossiers en France. Ces frais se surajoutent aux dépenses administratives déjà lourdes (traduction, envois
)
. Congé pour démarches dadoption : nous souhaitons quaprès les salariés du privé et les fonctionnaires, les personnels à statut particulier (gendarme, militaire
) puissent bénéficier des 6 semaines de congé sans traitement pour démarches dadoption.
Fin de réunion : 12h40.
Nous avons fait un très large tour dhorizon de ladoption internationale. M. GOUZES nous a écouté attentivement. Nous avons réaffirmé notre attachement à une image « non caricaturée » de ladoption internationale : ni « dernière grande aventure moderne » ou « formidable geste damour »
ni « pillage des enfants du tiers-monde » par les couples « de pays riches en mal denfants ». il est clair que chaque fois que l adoption internationale sera remis en cause ou menacée dune quelconque manière, nous nous remobiliserons.
Compte-rendu rédigé le 28 septembre 2000 par
Ph. CANET, M. GAZEL, N. PINGET, B. TOMIANKA, D. TRABUC
2 ni dailleurs de leur « religion » : un enfant ne « nait pas dans une religion » ou « dune religion ». il est élevé dans la religion X ou Y